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Du lundi 25 au mardi 26 mai 2015

La science n’est pas qu’un ensemble de textes proposant des connaissances qui visent à comprendre le monde et à le modifier par des interventions. C’est aussi un label souvent utilisé comme une certification de qualité – ?d’objectivité et de vérité –? applicable à certains savoirs et non à d’autres. En effet, selon le cadre normatif dominant de la science actuelle, tout travail qui aspire à la qualité «? scientifique » ?doit être basé sur des données probantes, sur l’évaluation par les pairs dans des revues reconnues ou ayant un facteur d’impact élevé, et reposer sur une revue exhaustive des contributions scientifiques au domaine et sur une méthodologie reconnue et éprouvée. Suivant ce cadre normatif, on qualifie de « charlatans » ou d’esprits irrationnels les savoirs qui contestent la fiabilité des vaccins, le changement climatique, le progrès apporté par les OGM, etc. Alors que certains milieux politiques semblent mépriser ouvertement les connaissances scientifiques lorsque vient le temps des décisions, la formulation « la science montre que... » est souvent utilisée pour disqualifier des propositions concurrentes ou pour justifier tel ou tel choix politique. Pourtant, il n’est jamais possible de parvenir à un résultat définitif ou éternel en science : une connaissance scientifique est toujours un modèle, une manière de représenter le réel qui est propre à un moment historique et qui est vouée à se transformer. La critique et le doute font partie intégrante du processus de production des connaissances.

Dans ce contexte, la critique de la science apparaît comme un exercice délicat. Est-ce pour cette raison que le cadre normatif dominant de la science semble la réserver aux pairs, aux collègues du domaine? Quelle est la place de la critique externe, c’est-à-dire provenant d’autres disciplines, de l’État, de l’industrie ou de la société civile, dans le travail scientifique? Cette critique pose parfois des questions cruciales aux scientifiques, à leurs institutions et au cadre normatif dominant de la science. Ce sont ces questions que nous souhaitons explorer dans ce colloque. Par exemple, comment dénoncer l’influence des conflits d’intérêts sur une partie de la recherche biomédicale sans pour autant nuire à la crédibilité de ce domaine de recherche? Comment communiquer la science en laissant au public la possibilité légitime de douter et de questionner les savoirs présentés? Comment stimuler la confiance dans l’institution scientifique sans exiger du public une admiration béate ? Les scientifiques peuvent-ils et savent-ils accepter la critique externe sans crainte de perdre leur autorité, leur pouvoir de véridiction, comme dirait Michel Foucault? La critique de l’ordre normatif dominant de la science, par exemple dans les études postcoloniales ou féministes, ou –? de manière plus tacite – ?dans le mouvement de la science ouverte, est-elle « antiscience » ou évoque-t-elle plutôt le désir d’une évolution de ce cadre normatif?

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Colloque

Enjeux de la recherche

Responsables

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Avant-midi

08 h 45 à 12 h 30
Communication orale
Communications orales
Critiques et controverses
Présidence/Animation : Florence Piron (Université Laval)
08 h 45
Mot de bienvenue
09 h 00
Controverses scientifiques et ambivalence de la science
Pascal Ragouet (Université de Bordeaux)
Résumé
09 h 30
Trajectoires historiques et cultures politiques de la critique sociale des sciences : l'exemple de la région grenobloise (France, 1960-2014)
Thomas Lerosier (Université Pierre-Mendès-France Grenoble 2)
Résumé
10 h 00
Quelle place pour la critique sociale, scientifique et technique dans la gestion des déchets nucléaires?
Céline Parotte (Ulg - Université de Liège)
Résumé
10 h 30
Pause
11 h 30
Autour de l'enquête Les marchands de doute de Naomi Oreskes et Erik M. Conway (2012)
Jean Bernatchez (UQAR - Université du Québec à Rimouski)
Résumé
12 h 00
Vidéo-débat : concilier éthique en santé des populations et instantanéité médiatique
Florence Piron (Université Laval)
Résumé
12 h 30
Dîner

Après-midi

14 h 00 à 17 h 30
Communication orale
Communications orales
Critiquer le cadre normatif de la science
Présidence/Animation : Céline Parotte (Ulg - Université de Liège)
14 h 00
Critiquer la normalité institutionnelle pour répondre aux maux de nos réalités sociétales
Yannick Brun-Picard (Collège Jacques Prévert Les Arcs)
Résumé
14 h 30
Jouer cartes sur table : pourquoi et comment proposer une approche critique de la fabrique cartographique institutionnelle et scientifique?
Matthieu Noucher (CNRS - Centre national de la recherche scientifique)
Résumé
15 h 00
La critique de l'occidentalocentrisme/eurocentrisme du cadre normatif dominant de la science : débats et enjeux au sein de la discipline sociologique
Résumé
15 h 30
Pause
16 h 00
Dans quelle langue publier? Réflexion critique sur un des enjeux éthiques et politiques de la publication scientifique
Florence Piron (Université Laval)
Résumé
16 h 30
Est-il trop tard pour la science?
Jean-Luc Dion (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières)
Résumé
17 h 00
Discussion
17 h 30 à 18 h 00
Cocktail
Cocktail
Lancement des dernières productions de l'Association science et bien commun
Présidence/Animation : Florence Piron (Université Laval)
18 h 00
Souper
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Avant-midi

08 h 30 à 10 h 00
Communication orale
Communications orales
Former à la critique de science : de l'école à l'université
Présidence/Animation : Florence Piron (Université Laval)
08 h 30
Comprendre et critiquer la science : une approche pédagogique précoce
Roselyne Escarras (UQAR - Université du Québec à Rimouski)
Résumé
09 h 00
Quelques pistes pour construire une éducation citoyenne aux sciences
Résumé
09 h 30
La précarité des bibliothèques universitaires au Sénégal, pourtant essentielles à la science et à sa critique
Résumé
10 h 00
Pause
10 h 30 à 12 h 00
Communication orale
Communications orales
Après la critique : transformation des cadres normatifs de la recherche scientifique
Présidence/Animation : Émilie Tremblay (ICÉA)
10 h 30
Analyses croisées de cadres normatifs de la recherche scientifique : entre éthique de la recherche et études sur les sciences, échos et tensions dans l'identification de responsabilités 
Nathalie Voarino (UdeM - Université de Montréal), Adeline NÉRON (UdeM - Université de Montréal), Bryn Williams-Jones (UdeM - Université de Montréal)
Résumé
11 h 00
Intégration institutionnelle de la critique : quel est le rôle des sciences humaines et sociales?
Elise Tancoigne (INRA - Institut national de la recherche agronomique), Sally RANDLES (The University of Manchester), Pierre-Benoit JOLY (INRA - Institut national de recherche agronomique)
Résumé
11 h 30
La science ouverte comme cadre normatif alternatif
Armande Desiree Koffi-Kra (Université Laval), Florence Piron (Université Laval)
Résumé
12 h 00
Mot de clôture